Présentation de l’Asbl La Lumière

Début octobre, une partie de l’équipe de L’Asbl La Lumière était dans nos studios : Martine Colla, Assistante sociale à l’Asbl La Lumière, également chargée des contacts extérieurs et des sensibilisations, Aurélie Jacqmin, Chargée de Communication, Nathalie André, non-voyante, affiliée à l’Asbl La Lumière et Estève Deubel, Agent logistique à l’Asbl La lumière et créateur d’un club de Torball.

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Estève, Aurélie, Nathalie et Martine de l’Asbl La Lumière

Est-ce que dans un premier temps, vous pouvez nous présenter La Lumière et ses différentes missions ?

Aurélie : La Lumière existe depuis 1919, soit presque 100 ans et notre mission principale est d’offrir aux personnes non et mal-voyantes des ressources et des moyens supplémentaires pour gérer leurs difficultés et leur donner tous les outils adaptés pour vivre au mieux leur quotidien.

Martine : En Belgique, il faut compter qu’il y a, à peu près, une personne sur mille qui est aveugle et une personne sur cent qui est mal-voyante. Être mal-voyant, ce n’est pas porter des lunettes, c’est avoir de gros problèmes de vue après correction et ce sont ces personnes que nous essayons d’aider. La mal-voyance est souvent mal comprise parce que ça ne se voit pas souvent, la personne mal-voyante n’a pas toujours une canne blanche et n’est pas toujours distinguable dans la société en général. Donc c’est important, quand une personne vous dit qu’elle est mal-voyante de la prendre au sérieux. Il ne faut pas lui proposer de mettre des lunettes par exemple.

On rentre dans ce qu’on appelle le handicap invisible.

Martine : Oui et c’est parfois complexe parce que les personnes ne comprennent pas donc c’est très important de notre côté, de leur apprendre à bien exprimer leurs besoins, de manière à ce que le public puisse bien les aider.

Pour ce faire vous avez différents services, dont un service d’accompagnement. Qu’est-ce qui peut être proposé aux personnes qui viennent à La Lumière ?

Aurélie : Le service d’Accompagnement et Social permet à nos bénéficiaires d’être informés sur toutes les démarches qu’ils peuvent avoir au quotidien, des démarches administratives, des soucis de santé, … et essayer de construire avec eux une sorte de projet de vie pour essayer de tendre vers un épanouissement personnel, vers une certaine autonomie. On a aussi des animatrices qui organisent des activités hebdomadaires tant au niveau culturel, qu’artistique, que sportif. Les affiliés peuvent venir à des activités comme le Tandem ou des activités plus artistiques (poterie, papier mâché, etc.). Ce service permet d’offrir à ces personnes une sorte de divertissement et d’accompagnement dans leur vie de tout les jours.

Martine : Être affilié, c’est avoir au moins 80 % de handicap au niveau visuel pour avoir un suivi au quotidien, pouvoir venir aux activités régulières etc. Maintenant, les autres services dont ma collègue va parler, c’est ouvert à d’autres personnes qui éprouvent déjà certaines difficultés mais pas encore des grands malvoyants. Donc La Lumière s’adresse à énormément de personnes.

Aurélie : Nous avons aussi le Centre de Réadaptation fonctionnelle avec différentes disciplines représentées comme des ergothérapeutes, des logopèdes, une monitrice en orientation et mobilité, une monitrice braille, etc. Les personnes qui viennent au Centre ne savent parfois juste plus lire, ne savent pas comment combler leur baisse de la vue et viennent pour l’achat de matériel adapté. Des fois, les personnes ont besoin de plus de suivi au niveau de leur vie de tous les jours donc nous leur offrons des séances de réadaptation en logopédie, en ergothérapie. Idem pour des enfants qui doivent (ré)apprendre à manger, à s’habiller, tous les gestes du quotidien qui sont des actions banales pour les personnes voyantes mais pour des personnes qui sont devenues aveugles ou mal-voyantes ou qui sont nées aveugles, elle doivent apprendre tous ces gestes.

Au niveau des enfants, c’est important de signaler que nous avons, au sein de ce service, un service d’intégration scolaire qui permet à tous ces enfants là de pouvoir être scolarisés dans l’enseignement traditionnel. Ils sont suivis à La Lumière avec la présence d’une logopède en classe qui permet d’accompagner l’enfant au niveau des matières à composante plus visuelle comme les mathématiques ou les sciences et cela leur permet de suivre un parcours scolaire normal et adapté à leurs besoins.

Ce service là n’est pas subsidié par les Pouvoirs Publics. L’AVIQ intervient partiellement pour certaines choses comme les transcriptions en braille ou du matériel adapté, mais c’est important que ce service subsiste, qu’on soit soutenu, donc on propose un parrainage mensuel ou par don unique et cela soutient la scolarité des enfants car il faut savoir que cela coûte énormément d’argent aux parents et à La Lumière.

On évoquait la culture un peu plus tôt, il y a également une bibliothèque à La Lumière.

Aurélie : On essaye de donner un accès à la lecture et à la culture avec notre bibliothèque qui propose trois types de livres : les livres en braille, les livres sonores et les livres en grands caractères. Il y a des milliers de livres qui sont disponibles, nous avons des lecteurs bénévoles qui viennent tous les jours enregistrer des livres. Le prêt est gratuit, mais il faut préciser que cette bibliothèque n’est pas disponible pour tout le monde, c’est vraiment pour les personnes qui éprouvent des difficultés dans la lecture, mais pas forcément des affiliés.

On peut également dire un mot de l’Entreprise de Travail Adapté.

Aurélie : L’entreprise de Travail Adapté se trouve sur les hauteurs de Liège. Cette ETA a aussi été crée il y a presque 100 ans et elle emploie une cinquantaine de personnes moins valides. Souvent les gens confondent et pensent qu’à l’ETA il n’y a que des personnes aveugles et mal-voyantes or ce n’est pas une réalité puisque la majorité des ouvriers sont des personnes atteintes de tout type de handicap. Au sein de cette entreprise, on propose plusieurs services comme le mailing, les impressions, la gestion électronique de documents, la reliure et le cannage et le rempaillage qui sont les services les plus anciens.

Martine : Notre objectif n’est plus du tout d’intégrer les personnes aveugles et mal-voyantes dans notre atelier, notre objectif est de les intégrer en milieu scolaire et professionnel normal, c’est pour cela qu’il y a moins de personnes mal-voyantes, mais il y a encore 50 places de travail et quand des personnes souhaitent travailler et ne trouvent pas de travail, on essaye de les intégrer.

On va revenir également sur ce prix à la soirée du Liégeois de l’année 2013, catégorie « Citoyen de l’année », une belle reconnaissance des liégeois aux missions de La Lumière.

Martine : C’est vrai qu’on est présents depuis des dizaines d’années sur le territoire liégeois et je crois qu’on nous reconnaît de cette manière là, parce qu’on aide quand même beaucoup de personnes. Il y a plus de 1680 personnes pour le moment qui sont suivies au niveau du service social, entre 7000 et 8000 personnes par an qui passent dans nos services de basse vision et centre de réadaptation fonctionnelle.

On va passer au sport avec le Torball, pouvez-vous nous présenter ce sport ?

Estève : Le Torball a été créé en 1955 en Allemagne et est reconnu dans plus ou moins tous les pays aujourd’hui. C’est un sport qui a été créé tout d’abord pour les personnes mal-voyantes et non-voyantes. Depuis un certain nombre d’années, on intègre des personnes voyantes dans les équipes. Ça se joue à trois contre trois, tout le monde est muni d’un bandeau pour être sur un même pied d’égalité. Le terrain fait 16 mètres de long et sept de large. De chaque côté, il y a trois tapis d’orientation. Les deux ailiers (gauche, droite) sont en avant par rapport au tapis centrale. A six mètres du but, il y a une première ficelle qui fait toute la largeur du terrain et qui est tendue à 40 cm du sol, deux mètres plus loin, il y en a encore une et pareil deux mètres encore plus loin et c’est la même chose de l’autre côté. Ces ficelles sont munies de clochettes. Le ballon, muni d’une clochette également, doit passer en dessous des ficelles sans les toucher.

Découvrez le Torball en vidéo via ce lien proposé par Trophées Accessibilité.

Quel est le retour du public qui découvre ce sport pour la première fois ?

Estève : Il existe depuis longtemps mais beaucoup de personnes ne savent même pas ça existe. On essaye de le médiatiser mais c’est difficile, ce n’est pas un sport qui attire le public comme le Football par exemple, où tout le monde sait ce que c’est.

Et c’est vrai que le Football prend déjà tellement de place que beaucoup de sports, à côté, ont du mal à être correctement médiatisés.

Aurélie : Encore moins les sports adaptés.

Nathalie : Si les personnes sont intéressées, elles peuvent nous contacter à La Lumière et venir voir nos entraînements qui ont lieu tous les mardis de 17h30 à 19h au Collège Saint-Servais. On commence d’ailleurs le Championnat Belge. On cherche également encore des joueurs, que ce soit non ou mal-voyants ou voyants.

Estève : Les informations sur les rencontres seront diffusées au fur et à mesure sur la page facebook de La Lumière.

Et comment est-ce que cela se passe, il y a un club par ville ?

Nathalie : A Liège, le seul club est celui de La Lumière mais certaines ville ont plusieurs clubs.

Autre actualité, les soupers dans le noir qui existent déjà depuis un moment.

Martine : Cette année, cela fait 10 ans que nous organisons au mois d’octobre, dans le cadre de la semaine de la canne blanche et de la personne handicapée visuelle, des soupers dans le noir. Ça a tellement de succès que ça se prolonge tout au long du mois mais nous sommes complets pour cette année. Donc ça représente plus de 500 personnes inscrites.

Est-ce que les gens jouent le jeu ?

Martine : Ils ne sauraient pas tricher car on leur demande d’éteindre leur téléphone en entrant et l’équipe technique a vraiment rendu la salle tout à fait obscure donc normalement il n’y a aucun trait de lumière. C’est assez impressionnant d’ailleurs, pour nous qui connaissons les lieux, parfois si on ne se concentre pas, on peut nous même se perdre dans le noir. Le but c’est surtout de se mettre à la place de la personne, vous êtes accueilli par une personne non-voyante qui est très heureuse de vous accueillir chez elle. Les rôles sont inversés et c’est très riche au niveau de la rencontre car à chaque table de huit personnes environ, il y a un guide non-voyant qui sert les personnes, qui les rassure, qui leur explique ce qu’il se passe, qui répond à leur question sur ce qu’il y a sur la table, dans leur assiette, … Souvent, les personnes demandent qu’on ne rallume pas tout de suite car ils ont l’impression qu’il y a comme une magie qui s’est installée et ils ont envie de rester.

Ça c’est une des facette de la sensibilisation, il y a d’autres actions de sensibilisation qui sont menées à La Lumière ?

Martine : Nous sommes souvent à l’écoute des demandes. Il y a énormément de demandes au niveau de certains groupes scolaires mais également professionnels qui viennent vers nous. Donc on essaie toujours de penser et réadapter une animation pour eux en fonction de leurs demandes et besoins. Le but est toujours le même, se mettre à la place de la personne, la rencontrer et la comprendre.

Comment est-ce que les gens peuvent vous soutenir?

Aurélie: Juste une petite précision avant, au niveau du budget, 70% est représenté par les dons et les legs. Donc c’est vraiment une grosse partie de ce budget et sans les dons des personnes et le soutien financier des gens on ne pourrait pas survivre encore des années. Si des gens souhaitent faire des dons, le numéro de compte est le BE34 3400 5686 6690. On est reconnus au niveau du gouvernement et donc, à partir d’un don de 40€, vous pouvez avoir une attestation fiscale pour l’année qui suit.

Les personnes peuvent également venir directement dans les locaux de La Lumière, rue Sainte-Véronique pour s’informer?

Martine: Tout à fait, ils peuvent venir s’informer, nous poser des questions. On organise des visites pour montrer comment nous travaillons.

N’hésitez donc pas à contacter La Lumière pour toute information complémentaire.

Justine

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