« Du sport comme je veux » – Campagne Altéo

Ce 26 novembre, Altéo organisait une journée inclusportive dans le cadre de sa campagne « Du sport comme je veux ». Imane Bensalah, Chargée de communication pour Altéo et la sportive Élodie Orbean, double Championne du Monde en handi-escalade et marraine de cette journée étaient dans l’émission Cap ou pas Cap ce mois-ci. Une interview à retrouver ci-dessous 

cpc-3-nov-alteo
Elodie Orbean et Imane Bensalah

Est-ce que dans un premier temps vous pourriez présenter Altéo et ses missions à nos auditeurs ?

Imane : Altéo est un mouvement social de personnes malades et handicapées qui a été fondé par les mutualités chrétiennes il y a plus de 50 ans. L’objectif est de proposer plusieurs services et différentes activités pour ce public. Nous organisons de nombreuses activités adaptées comme des séjours de vacances, des activités loisirs, sportives, culturelles. Nous organisons également l’accompagnement et le transport de malades grâce à de nombreux volontaires qui vont chercher les personnes chez elles et les accompagnent pour un rendez-vous médical, un examen. C’est essentiellement des missions médicales parce que l’offre est un peu moindre par rapport à la demande. Enfin, nous avons aussi tout un travail militant dont l’objectif est de défendre le droit et les intérêt des personnes handicapées et malades. Sur base du vécu de nos membres, nous portons une parole dans différents mandats et endroits où on essaie de faire bouger les choses.

Le public concerné, s’il veut avoir accès à ces activités proposées par Altéo, comment doit-il s’y prendre ?

Imane : Il y a plusieurs possibilités, Altéo est réparti en différentes régionales donc l’idéal est d’aller au plus proche de chez soi. Passer par sa mutualité (chrétienne) est aussi une piste ou se rendre sur le site internet d’Altéo où il y a tous les contacts nécessaires pour prendre contact avec sa régionale.

Est-ce qu’on peut faire du bénévolat ou aider d’une manière ou d’une autre ?

Imane : Oui, toute notre activité se base sur l’engagement de nos volontaires. C’est grâce à eux que nous pouvons organiser des activités, des séjours de vacances, accompagner des personnes malade donc notre porte est grande ouverte à toute personne qui a envie de donner du temps pour les autres

Quelle est l’offre vacances proposée ?

Imane : Nous avons toute une offre de séjours en Belgique et à l’étranger et notre particularité c’est de pouvoir offrir des séjours à des prix démocratiques et qui permettent d’accueillir des personnes avec des handicaps différents sur base de cet engagement volontaire. Soit des séjours ouverts à tout type de handicap soit des séjours plus ciblés comme par exemple pour des personnes qui ont un handicap mental, qui ont besoin d’un accompagnement spécifique et qui vont du coup pouvoir partir en randonnée notamment.

Il y a également un accompagnement en Festival l’été et notamment aux Francofolies de Spa ?

Imane : C’est un grand classique de notre saison de vacances, ce séjour organisé par Altéo Liège. Le séjour a beaucoup de succès et illustre bien cet engagement volontaire car chaque vacancier est accompagné par un volontaire qui va vivre le festival avec lui et lui permettre d’aller là où il en a envie en fonction des concerts qu’il a envie de voir et des activités qu’il a envie de faire.

On évoquait les actions de sensibilisation, il y a donc cette campagne actuelle dont on va parler. Est-ce que c’est une campagne annuelle ? Comment en choisit-on la thématique ?

Imane : Oui c’est une campagne annuelle de sensibilisation grand public et le thème est définit par nos membres selon leurs préoccupations. Cette année, le sport s’est un peu imposé à nous du fait de l’actualité avec l’Euro, les JO, les Paralympiques et aussi parce qu’on voulait traiter de la notion d’inclusion et on trouvait que le sport pouvait être une belle illustration de cela dans le sens où pour nous, toute personne qui pratique un sport s’inclut dans la société, dans une activité de loisir.

Cette campagne « Du sport comme je veux » avec une marraine, Élodie Orbean. Élodie, comment s’est passé ton engagement envers cette campagne ?

Élodie : J’ai été contactée par Altéo avant mes Championnats du Monde et la question ne s’est pas posée longtemps car le sport m’a donné des ailes et c’est quelque chose que j’ai envie de partager. C’est une bonne porte d’entrée au niveau de l’intégration et au niveau du dépassement de soit, ce sont toutes des valeurs qui sont bonnes aussi bien pour des valides que pour des personnes avec handicap.

L’engagement via le sport ce n’est pas nouveau pour toi, tu t’étais déjà engagée via UnlimitedClimbing.

Élodie : Oui, c’est un projet que j’avais créé il y a deux ans maintenant pour récolter des fonds pour Handicap International pour pouvoir permettre à des enfants de bénéficier d’appareils orthopédiques. Moi j’ai la chance d’être en Belgique et pouvoir bénéficier de ça assez facilement, entre guillemets, et d’avoir des choses mises en place pour nous mais ce n’est pas le cas partout donc j’ai voulu via mon sport pouvoir aider d’autres personnes.

C’est une envie d’être porte-parole ou simplement montrer en pratiquant ton sport qu’on peut le faire ?

Élodie : C’est surtout l’envie de partager. C’est clair que vivre un handicap ce n’est pas toujours facile, on ne peut pas dire que ça ne nous atteint pas, mais montrer que c’est possible. On essaye de faire du sport comme tout le monde, on se donne les moyens mais à côté de ça le handicap est toujours là donc il faut le vivre tous les jours. Ma volonté c’est donc de dire que oui le handicap est là mais derrière ça, on peut toujours réaliser des rêves et avoir des objectifs, peu importe les objectifs et c’est quelque chose de génial.

Avec l’idée d’essayer et de recommencer ?

Élodie : Oui, essayer c’est déjà une étape et on a pas forcément les fruits de notre travail directement. Se tromper ou « échouer » n’est pas forcément un point final à ce qu’on avait prévu de faire donc il ne faut pas hésiter à réessayer. Il y a plein d’autres façons d’atteindre ses objectifs. L’objectif principal c’est de ne pas abandonner en tout cas et si ça ne marche pas dans un sens, il faut essayer dans un autre sens. Le handicap c’est ça au quotidien, les routes toutes tracées ne sont peut-être pas forcément celles qui sont adaptées à notre situation et donc il faut pouvoir arriver à les contourner pour se faire son propre chemin.

14519908_1134525559950482_4664875735521933923_n

La journée du 26 novembre est une journée ouverte à tous et surtout au grand public car le sport adapté est trop peu connu et trop peu montré dans les médias comme ça a été le cas avec le titre de Championne du Monde d’Élodie qui n’a eu que quelques échos dans la presse. 


Imane : Oui ici on veut mettre le focus sur le sport adapté mais surtout le sport inclusif car on est pas dupes, le handicap est là et il faut faire avec et c’est possible avec quelques adaptations de faire du sport ensemble. Ça dépend un peu du type de handicap de la personne bien sûr mais pour nous tout est possible. Effectivement le Focus est rare, tu disais qu’on en parlait quand il y avait des résultats, nous on a été déçus pour Élodie car elle a quand même été double Championne du Monde et on en a assez peu parlé dans les grands médias. On trouve qu’il y a des efforts à faire à ce niveau là et c’est ça qui fera aussi évoluer les mentalités et qui rejoindra aussi un ensemble de revendications qu’on porte au niveau d’Altéo.

Faute d’en parler, les gens n’ont pas toujours conscience que cela existe et cela a aussi des conséquences sur le statut de nos athlètes porteurs d’un handicap, ça a des conséquences aussi sur l’accessibilité des infrastructures sportives, sur les investissements qui sont faits. C’est beaucoup moins sexy de donner de l’argent pour du matériel adapté que pour un club de foot car on en parlera moins.

Élodie : Je suis tout à fait d’accord, on le dit tout le temps, le football est sur-médiatisé et il s’auto-finance donc limite même s’il était moins médiatisé il s’en sortirait quand même, à côté de ça, il y en a plein d’autres derrière qui sont moins visibles. Pour revenir à la journée sportive d’Altéo, c’est ça qui est vraiment intéressant selon moi, c’est que tout le monde peut y participer avec ou sans handicap. Si on a une famille dont une des personnes est porteuse d’un handicap c’est une bonne journée pour faire quelque chose tous ensemble, ce qui n’est peut-être pas facile le reste du temps et là c’est vraiment la bonne opportunité. Pouvoir également pour les valides, mais aussi pour les personnes avec un handicap, être confronté à d’autres handicaps et d’autres personne, c’est d’une richesse inimaginable. On a tout à y gagner.

Comment ça s’est fait pour toi le choix de l’escalade plutôt qu’un autre sport ?

Élodie : Mes parents faisaient de l’escalade. J’ai commencé par l’escalade en extérieur dans le sud de la France mais je ne pouvais y aller que pendant mes vacances donc le restait du temps je perdais mon niveau du coup en Belgique j’allais grimper en salle.

Et maintenant, tu as un contrat Adeps, c’est important ?

Élodie : Oui, ça faisait un moment que je l’attendais. C’est important ne fut-ce que pour la reconnaissance du travail qui est fourni. C’est beaucoup d’entraînement et ça demande pas mal de discipline comme tout sportif, donc c’est bien pour moi d’avoir un statut qui est reconnu. Pour l’escalade qui n’est pas un sport spécialement médiatisé à la base avoir un contrat de sportif de haut niveau en escalade c’est génial mais avec le handicap à côté, c’est une belle victoire pour moi.

Certains handisportifs ne peuvent participer à des compétitions car il n’y a personne dans leur catégorie, comment ça se passe en escalade ?

Élodie : En compétition internationale pour l’escalade, il faut quatre ou cinq athlètes différents, de trois pays différents dans la même catégorie. La grosse difficulté, pour l’instant, est que l’handi-escalade est une discipline assez récente, ça fait quatre ans que ça a été mis en route donc le nombre d’athlètes n’est pas énorme et comme les moyens financiers pour chaque pays ne sont pas faciles à trouver, il n’y a pas énormément d’athlètes qui peuvent se déplacer car il faut payer le trajet, l’hôtel, l’inscription à la compétition, … c’est un budget. Je pense que c’est ça qui rend les choses difficiles et c’est déjà arrivé en manche de Coupe du Monde qu’on ne soit pas assez dans les catégories pour pouvoir ouvrir la catégorie. Encore une fois c’est un cercle vicieux, si on a pas de fond, on ne peut pas se déplacer, si on ne se déplace pas, il n’y a pas assez de personnes dans les catégories.

Tout le challenge aussi pour moi est de faire connaître la discipline en Belgique pour qu’il y ait une relève car je ne vais pas rester encore trente ans. Il faut créer des vocations, les athlètes d’aujourd’hui qui étaient aux paralympiques de Rio et qui seront à ceux de Tokyo, c’est des jeunes qui ont commencé quelque part et parfois c’est tout simplement dans une journée comme celle organisée par Altéo.

Double Championne d’Europe, Double Championne du Monde, quels sont les prochains objectifs, les prochains rendez-vous ?

Élodie : Les gros objectifs de l’année 2017, c’est le Championnat d’Europe qui a lieu tous les deux ans et des manches de Coupe du Monde. Sinon l’escalade rentre aux JO de Tokyo dans quatre ans mais on ne sait pas encore si ce sera aussi aux Paralympiques, on croise les doigts.

Retrouvez l’actualité d’Elodie via sa page Facebook.

Bonne journée,

Justine

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s