Présentation de la Ligue Handisport Francophone

Bonjour à toutes et à tous et tout d’abord bonne année 2017.

Pour la commencer, nous allons revenir sur la fin de l’année 2016 !

Fin novembre, dans l’émission, j’ai reçu Thomas Degryse, Chargé de communication auprès de la Ligue Handisport Francophone, l’occasion de présenter la Ligue mais aussi de revenir sur les Paralympiques de Rio.

thomas-degryse

Pouvez-vous nous présenter la Ligue Handisport Francophone ?

Thomas : C’est une Asbl qui est reconnue comme une fédération sportive par l’Adeps, donc nous avons le même statut que toutes les fédérations sportives. L’Asbl existe depuis plus de 50 ans et nous avons deux missions principales : l’accompagnement des sportifs de haut niveau, qui ont vraiment un potentiel et qui représentent la Belgique lors de Championnats, aux Jeux Paralympiques et autres. On a également une activité de sport pour tous et on fédère plus de 80 clubs qui fonctionnent comme des clubs sportifs traditionnels où les personnes en situation de handicap peuvent aller pratiquer au quotidien, ou en tout cas une fois par semaine, une activité physique.

Comment devenir membre ?

Thomas : Il faut contacter un club de sa région qui propose une activité pour laquelle on a un intérêt et s’affilier au club, payer le droit d’inscription, qui comprend notamment une assurance pour tout ce qui est accident pendant la pratique sportive, ils sont souvent assez faibles, et à ce moment là vous devenez membre du club et automatiquement membre de la Ligue Handisport.

Cet été, on a plus parlé du handisport, notamment via les Paralympiques à Rio, il y a eu le Championnat du Monde avec Élodie Orbean en Handi-escalade, mais la visibilité du handisport dans les médias reste faible.

Thomas : Tout à fait ! C’est vrai qu’à côté des mastodontes du sport que sont le Tennis, le Football ou le Cyclisme, pour n’importe quel autre sport, adapté ou non, il faut attirer l’attention des médias et c’est parfois difficile de se faire une place entre les compétitions régulières, les Championnats du Monde et d’Europe de Football, le Tour de France en Cyclisme donc oui c’est vraiment un boulot quotidien de sensibiliser la presse et le grand public à la valeur des performances sportives qui sont proposées. Pour l’anecdote, à Rio, on avait un responsable de l’Adeps présent et il a mis du temps à se remettre de sa surprise du niveau de jeu proposé par Joachim Gérard en Tennis, lui-même jouait au Tennis et il admirait la puissance du jeu et le service de Joachim qui, nous a-t-il dit, servait plus fort que lui. Il faut côtoyer ces sportifs au quotidien pour se rendre compte de la grandeur des performances qu’ils livrent.

Et concernant les gens qui ne sont pas encore au haut niveau, qui pratiquent en club, si on se rend compte qu’ils ont un potentiel ou une envie d’aller plus loin, comment est-ce que cela se passe ?

Thomas : Quand un sportif présente un certain potentiel et montre vraiment la motivation et l’envie de persévérer et atteindre le plus haut niveau, avec la Ligue Handisport on a un suivi qui se met en place et on essaye de mettre en place autour du sportif une cellule de qualité avec un entraîneur de haut niveau, avec éventuellement un kiné, un préparateur physique, parfois un nutritionniste ou autre et ça forme une cellule de 2 à 5 personnes professionnelles qui accompagne l’athlète au quotidien parce que être sportif de haut niveau ça ne s’improvise pas. Il y a une attention constante à apporter sur l’hygiène de vie, l’alimentation, le sommeil, la préparation physique, l’entraînement, la planification d’une saison. Il faut avoir des pics de forme à certains moments, on ne peut pas s’entraîner 20 heures semaines toute l’année.

Où est-ce qu’on peut retrouver toutes les activités handisports organisées ?

Thomas : On a une page Facebook et un site internet sur lequel vous pouvez retrouver une liste des clubs qu’on peut trier par province ou par discipline. Il y a également un agenda qui reprend toutes les activités, autant les rendez-vous de haut niveau que les journées d’initiation proposées par les clubs. On peut également s’inscrire à notre newsletter envoyée tous les mois.

Comment s’investir si on souhaite soutenir la Ligue Handisport ?

Thomas : La première chose qu’on recherche c’est du soutien bénévole pour des événements ou autre. Je pense au Championnat de Belgique d’Athlétisme qui a lieu chaque année en juin au Stade Roi Baudouin, on a une difficulté, c’est de pouvoir guider notamment les sportifs déficients visuels jusqu’à la table d’arbitre, jusqu’aux vestiaires, jusqu’au départ de la course, et donc on cherche des personnes qui ont une ou plusieurs heures à consacrer bénévolement et ce dans toutes les provinces de la Belgique.

Le deuxième chose c’est pour tous les responsables de clubs sportifs qui sont affiliés dans des fédérations. Notre objectif est étoffer un maximum l’offre sportive et donc on recherche activement des responsables de clubs dit « valides » qui veulent ouvrir une section handisport. Ils peuvent donc nous contacter via l’adresse mail integration@handisport.be et ils seront assistés dans toutes les démarches.

La troisième chose évidemment, c’est la recherche de fonds. Nous avons donc une démarche de recherche de partenaires financiers et des démarches de campagnes de dons.

Revenu sur Rio où la délégation Belge a décroché 11 médailles c’est une très belle performance.

Thomas : Tout à fait ! C’est un total de médailles qui dépasse nos objectifs initiaux puisque notre ambition était de décrocher entre 7 et 9 médailles et donc effectivement nos sportifs se sont bien surpassés. Ils étaient bien entraînés, bien motivés et très très vite, le succès appelant le succès, l’ambiance étant au beau fixe, les sportifs ont continué dans la foulée des premiers et effectivement 11 médailles, très beau bilan, très belle édition et très encourageant pour la suite.

Avec une couverture médiatique un peu plus large et des médailles dans des sports différents et dans des catégories différentes, ce qui a permis au téléspectateurs de découvrir de nouvelles disciplines.

Thomas : Tout à fait ! D’année en année, on voit une vraie augmentation et une vraie amélioration de la couverture médiatique. Ici, on avait 4 ou 5 équipes de presse différentes qui étaient présentes avec nous à Rio , que ce soit télévision, presse écrite, néerlandophone, francophone. Le nombre d’articles publiés a augmenté, on a eu des directs sur Sporza et la RTBF. Sur la diversité des médailles, on en a eu en Tennis, Tennis de Table, Équitation, Athlétisme et Cyclisme, des sports individuels, collectifs, d’endurance ou plus techniques.

Et au sein même des disciplines, diverses catégories. Notamment en Tennis de Table, la première médaille d’or Belge d’un athlète avec un handicap mental. Ça montre également au téléspectateur différentes réalités.

Thomas : oui, on parle de Florian Van Acker, jeune athlète néerlandophone qui est déficient mental et c’est effectivement le premier Belge déficient mental qui est médaillé aux gens donc c’était un moment très sympa. Laurens Devos a également été médaillé d’or en Tennis de Table, il a une légère hémiplégie. Il avait 16 ans à peine le jour de sa médaille. Il a survolé tous ses matches sans perdre un set face à des adversaires qui avaient parfois le double de son âge.

Il y a une difficulté dans le handisport, c’est qu’on peut passer à côté d’une médaille tout simplement car s’il n’y a pas assez de personnes dans la catégorie, l’épreuve n’a pas lieu.

Thomas : Tout à fait. Sur le site de la Ligue Handisport on explique le système de classification. En deux trois mots, ce système peut être comparé aux catégories de poids dans les sports de combat ou à la séparation hommes/femmes dans les sports d’endurance ou autres. Pour garantir l’équité entre les participants, on essaye au maximum de regrouper les sportifs par type de handicap de manière à ce qu’ils concourent entre personnes qui ont un potentiel équivalent dans la discipline. En natation, par exemple, on ne va pas retrouver une personne amputée des bras face à un aveugle. En Athlétisme, si on prend le 100m, il y a 15 courses différentes. Il peut arriver que dans certaines catégories on ait un manque de participants car il faut 15 fois le même nombre de participants au départ, donc certaines catégories, notamment celle de Marieke Vervoort, ne sont pas assurées d’être présentes à chaque compétition.

Surtout que le sport de haut niveau coûte cher.

Thomas : oui, que ce soit en valide ou en handisport, cela coûte cher. Il y a les déplacements, l’avion, l’hôtel, l’encadrement et donc c’est sûr qu’aller sur des compétitions à travers le monde, le coût est réel et certains sportifs doivent en effet faire l’impasse sur des rendez-vous à cause de cela.

En Paralympique d’été le prochain rendez-vous c’est Tokyo en 2020. De nouveaux sports seront présents aux JO mais on ne sait pas encore s’ils le seront aux Paralympiques.

Thomas : Voilà, les Jeux Olympiques et les Paralympiques, bien qu’ils soient organisés par le même comité sont chapeautés par deux comités différents : le CIO (Comité Olympique International) et l’IPC (Comité Paralympique International) qui doit, lui aussi, prendre position par rapport aux sports qui sont admis au programme des Jeux.

Concernant Rio, on a vu beaucoup de choses dans les médias concernant les soucis, notamment dans le village. Comment est-ce que vous, sur place, vous l’avez vécu ?

Thomas : Au final, on a la chance d’avoir un magnifique Test Event que sont les Jeux Olympiques et donc quand nous on arrive, presqu’un mois après, les petits défauts on pu être corrigés, réparés. On est arrivés dans des infrastructures qui étaient propres, alors effectivement, on devinait bien à beaucoup de petits détails que tout avait été fini un petit peu à la va-vite. Moi personnellement, je ne logeais pas dans le village donc je n’ai pas vécu au quotidien les désagréments dû à cela.

Le plus important est qu’au niveau sportif, les infrastructures étaient complètement finies et donc on a pu assister à des compétitions dans des stades qui étaient parfaits. Bien pensés, bien finis, bien construits et ça reste le plus important.

En 2018 auront lieu les Paralympiques d’hiver, comment est-ce que cela se profile pour l’équipe Belge?

Thomas : On prépare depuis des années ces jeux à Pyeongchang en Corée du Sud. En Belgique, les Jeux d’hiver sont moins connus, moins réputés que les Jeux d’été simplement parce qu’on a pas de montagne et pas beaucoup de neige ici en Belgique. Du côté de la Ligue Handisport Francophone, nous avons 3 sportifs qui pratiquent le ski adapté et qui pourraient tous les 3 se qualifier. Jasper Balcaen qui a déjà participé en 2014 aux Jeux de Sotchi. On a également deux binômes de skieuses, Marie-Morgane Dessart, qui vient de la région, elle est déficiente visuelle et elle est guidée par une jeune skieuse qui s’appelle Marine Antoine. Elles skient à deux, à quelques mètres d’écart, avec un casque elles communiquent entre elles et donc la guide annonce à la skieuse les portes, l’angle, les dangers éventuels du terrain. Le deuxième binôme, ce sont deux sœurs brabançonnes, Éléonor Sana la skieuse et sa sœur Chloé qui est la guide.

Justine

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