Patients – Rencontre avec Grand Corps Malade et Mehdi Idir

A l’occasion du Festival International du Film d’Amour de Mons, nous avons rencontré Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade et Mehdi Idir. Ensemble, ils ont co-réalisé le film « Patients », adaptation à l’écran du livre « Patients » de Grand Corps Malade. Dans ce livre, l’artiste nous raconte son année en centre de revalidation suite à un accident. Ce film représente la première aventure cinématographique des deux complices de toujours.

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Fabien : L’idée c’était d’emmener ce livre, important pour moi et qui avait bien marché, un cran plus loin. L’envie d’un autre type d’écriture était également présente. Ce qui m’intéressait au départ c’était l’écriture du scénario, se frotter aux dialogues. J’ai eu l’envie de pousser le projet jusqu’au bout, de le réaliser mais dans ce cas là de ne pas le faire tout seul et le choix de demander à Mehdi de m’épauler là-dessus était une évidence parce qu’on travaille ensemble depuis 10 ans, j’aime beaucoup son travail de réalisateur. Il réalise tous mes clips notamment et du coup tout est plutôt parti de cette idée d’aller un peu plus loin sur cette histoire là et pourquoi pas se lancer dans le cinéma.

Mehdi, vous avez donc fait les clips de Fabien ainsi qu’un documentaire mais je suppose que chaque réalisation est différente, celle-ci comment l’avez-vous appréhendée ?

Mehdi : Je l’ai appréhendée de la meilleure des manières parce que je savais que j’allais travailler avec mon meilleur pote. On a aussi travaillé avec Mandarin et Kallouche Production qui nous ont fait confiance artistiquement. On a eu le temps de travailler, on était dans les meilleures conditions possibles pour tous les choix artistiques qu’on voulait faire comme le fait de choisir des acteurs pas trop connus, ils nous ont suivis à chaque fois. Après, toutes les réalisations sont différentes et ce qui est le plus intéressant sur un projet comme celui-là c’est que tu travailles dans des très bonnes conditions. Moi je viens du clip où ce ne sont pas les mêmes budgets et du coup tu dois apprendre à gérer chaque poste car tu n’as pas les budgets nécessaires et là ce qui est impressionnant, c’est le travail d’équipe. Le cinéma c’est un sport collectif et tu vois chaque intervenant sur ton film s’approprier le projet, du coup ça devient aussi leur projet et petit à petit ça grossit.

Sur chaque adaptation de livre, on le sait, il y a des passages qu’on doit laisser de côté, est-ce d’autant plus difficile quand c’est son propre livre ?

Fabien : Peut-être pas, c’est peut-être plus facile justement parce que je sais que je ne vais vexer personne, c’est mon livre, c’est mes choix. Mais oui, à l’écriture du scénario il faut faire des coupes. Ça n’a pas été trop compliqué, ça paraissait évident que le zoom se fasse sur tel ou tel personnage. Il y a eu des tous petits pincements au cœur de ne pas pouvoir parler d’un ou l’autre personnage parce que c’était trop compliqué à amener et ça allait être trop long mais ça n’a pas été trop douloureux de faire cela.

Vous parliez de l’envie d’écrire un scénario, Mehdi vous venez de la réalisation, ça veut dire que les tâches ont été définies comme cela entre vous ?

Fabien : Oui j’ai écris le scénario mais Mehdi y a mis sa touche parce qu’avant de passer à la réalisation c’était nécessaire pour nous deux qu’il s’approprie le scénario. On l’a travaillé ensemble, on a retouché des dialogues et à partir de là, on ne s’est absolument rien partagé. On a beaucoup bossé en amont, on savait que c’était notre premier film et qu’on avait pas beaucoup d’expérience en terme de long métrages donc on a essayé de se poser toutes les questions, de ne pas trop laisser de place au hasard, on a fait un découpage technique très précis pour savoir à chaque fois où on mettait la caméra, pourquoi, il fallait que ça aille du sens. Ce travail à deux en amont, puis ensuite avec nos chefs de poste, à été super important et a permis, une fois sur le tournage, de ne rien se partager. […]

Dans le livre, c’est votre histoire, dans le film vous avez choisi un nom différent pour votre personnage. Le but était de focaliser sur le sujet et non pas en faire un biopic ?

Fabien : Exactement, c’est le sujet qui primait. C’est mon histoire mais je n’avais pas envie que ça vampirise le sujet et qu’on se dise que j’ai fait un biopic, une autobiographie sur ce qu’était ma vie avant de faire de la musique. Le sujet était plus important et donc j’ai pris un peu de recul sur le fait que ce soit mon histoire même si tous les personnages du film ont existé, toutes les scènes ont eu lieu et ça nous aidait à être le plus crédibles possible.

Dans le livre, les choses sont dites de manière directe et avec humour et auto-dérision. Est-ce que vous avez gardé ce ton dans le film ?

Fabien : Bien sûr ! Dans les avant-premières, on entend beaucoup rire et c’était important pour nous. Le sujet est dur, le contexte est lourd, il ne fallait absolument pas que le ton soit lourd aussi donc on a essayé de mettre un ton plein d’auto-dérision et d’humour parce qu’en plus c’est un milieu où il y a énormément d’humour.

Dans votre album « Midi 20 », il y a la chanson « Je ne connaissais pas Paris le matin » où vous parler du passage d’un job au Slam, si vous deviez écrire un texte sur cette nouvelle aventure, quels mots, quelles expressions y retrouverait-on obligatoirement ?

Fabien : Obligatoirement quelque chose qui se rapporte au collectif, le mot équipe je pense. C’est ce que disait Mehdi, j’aime bosser en équipe, je l’ai déjà découvert dans la musique, j’ai la chance de bosser avec des compositeurs, des musiciens et après quand on part en tournée on est une dizaine sur la route et j’adore cette ambiance colonie de vacance. Là d’un seul coup au cinéma, on passe de 10 personnes à beaucoup plus, les techniciens, les comédiens, la post-production, donc oui c’est un incroyable orchestre dont nous étions, avec Mehdi, les chefs d’orchestre. […]

Des envies de retenter l’expérience ? De repartir sur de prochains projets ?

Fabien : Oui, très envie vu comment cela s’est passé. On a pas attendu de voir si le film allait marcher ou pas pour avoir envie de s’y remettre. Moi je vais refaire de la musique, le prochain projet sera donc un album mais en parallèle avec Mehdi, on va se remettre à l’écriture d’un scénario.

Vous pouvez retrouver l’intégral de cette interview en podcast via ce lien.

Et en parlant de musique, Grand Corps Malade a bien entendu composé une chanson pour illustrer ce film « Patients », elle s’appelle « Espoir adapté », il l’interprète en duo avec Anna Kova et vous pouvez retrouver le clip, réalisé par Mehdi Idir cela va de soi, via ce lien.

Le film quant à lui, est toujours projeté sur nos écrans.

A Liège, aux Grignoux, il est encore projeté au moins jusqu’au 11 avril prochain, au Churchill (avec une séance au Parc le 1er avril), toutes les séances sont disponibles sur leur site.

A Bruxelles, il est projeté tous les jours jusqu’au 4 avril prochain, à 15h15 à l’UGC de Brouckère.

Il est également proposé à Namur, du côté du Ciné Chaplin de Nismes pour deux séances et au Caméo jusqu’au 10 avril. Au Cinéscope de Louvain-La-Neuve, on vous le propose tous les jours jusque mardi 4 avril à 22h30. Dans le Hainaut, il est encore une dizaine de fois à l’affiche de l’Imagix de Tournai et 5 séances vous seront encore proposées au Plaza Art de Mons.

Du côté du Kinepolis, il semble déjà sorti de la programmation.

On vous encourage également à vous procurer le livre écrit par Fabien Marsaud et sur lequel se base ce film.

Justine

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