L’Unisound Festival, festival 100% adapté aura lieu sur deux jours cette année

L’Unisound c’est le festival 100% accessible en Belgique. Il connaîtra sa 4ème édition, les 30 juin et 1er juillet prochain et pour nous en parler, j’ai reçu Bruno, responsable de la programmation.

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(c) Unisound BW Festival

Bruno : Nous sommes une petite équipe pour gérer ce festival. Pour les premières éditions, on était 6 personnes bénévoles, cette année, ça s’est un peu étendu. À la base, on est une bande de copains, on avait l’habitude de participer à de nombreux festivals en Belgique et on a constaté que malgré les efforts et les choses mises en place pour accueillir des personnes en situation de handicap (les tapis, les podiums, etc.), ces personnes se déplaçaient peu sur les festivals pour profiter de ces installations qui étaient parfois faites à moitié ou pas assez mises en avant. L’idée est donc venue d’organiser un festival qui aurait à la fois une portée culturelle et à la fois cette portée sociale d’être dédié aux personnes en situation de handicap, à l’accessibilité et donc mettre en place un petit truc pour chaque type de handicap.

L’envie c’est donc de leur offrir un festival où ils seront bien, où ils peuvent venir sans se poser la question de savoir s’ils seront bousculés, s’ils verront correctement les concerts ?

Bruno : Oui, le mot qu’on aime bien, c’est « dédié ». À côté de toutes ces choses qu’on met en place, ça reste un festival traditionnel avec une programmation musicale, avec des activités à côté mais en mettant des choses en place pour les personnes en situation de handicap, on les aide à égratigner cette barrière qu’elles peuvent avoir vis-à-vis d’un événement comme un festival qui peut être impressionnant par les mouvements de foule notamment ou simplement le fait de se déplacer ou d’être bousculé. Il y a tout un tas de choses qu’on a pas forcément en tête en tant que valide, tous ces petits obstacles qui sont importants pour la personne en situation de handicap. […] On constate que, même si une majorité du public vient des centres et des institutions, on a dans les accompagnants, les bénévoles et d’autre festivaliers, un public valide qui est en minorité pour le coup, avec beaucoup de respect, des échanges, …

On parle d’accessibilité, il y a donc pas mal de choses à mettre en place pour rendre le site accessible à tous les handicaps, comment avez-vous travaillé la-dessus ?

Bruno : Au début, on faisait nous-mêmes la liste des idées qui venaient pour avoir une adaptation pour chacun. On a rapidement commencé à travailler avec un bureau d’audit qui s’appelle plain-pied et qui émet des rapports d’accessibilités pour des grands événements comme un festival de musique ou des manifestations populaires. De là, on a été mis en contact avec Access-i qui décerne des labels d’accessibilité en fonction de chaque type de handicap. On leur a dit qu’on souhaitait être « 100 % accessible » donc avoir au moins une chose mise en place spécifiquement pour chaque type de handicap.

Il y aura des concerts interprétés en live en Langue des Signes, des boucles à inductions, … Il y a aussi des choses très simple, très bricolage mais gonfler un ballon de baudruche et avoir une personne qui le sert contre elle en même temps que la musique, ça transmet les vibrations et c’est aussi un moyen de ressentir la musique et toujours être inclus dans l’expérience.

La nouveauté cette année c’est de passer à deux jours plutôt qu’un ?

Bruno : C’est la grande nouveauté, c’est le petit défi de 2017, on verra comment ça se passe. On est tous très motivés à l’idée de pouvoir profiter de tout ce travail pendant deux jours et de pouvoir accueillir plus de monde potentiellement. C’est un pari car le public qui vient le vendredi et qui vient des centres bénéficie d’un encadrement pour se rendre au festival avec des accompagnants, du personnel, les trajets, une infrastructure qui les aide à venir chez nous. Le samedi beaucoup de ces personnes rendent dans leur famille où sont en centre mais le personnel est moins nombreux donc ce sera une surprise, on verra ce que cela donne. Le défi serait de toucher aussi toutes les personnes handicapées isolées.

Le Festival a depuis peu un parrain, Pascal Duquenne que l’on a pu voir dans le film « Le huitième jour ».

Bruno : Tout à fait, ça c’est fait l’année dernière, je pense via la Province qui est un de nos partenaires. On y avait déjà pensé pour la première édition mais ça ne s’était pas fait. Pascal et son entourage se sont montrés directement intéressés par le projet. On a remis ça cette année, Pascal sera notamment sur scène avec le groupe dans lequel il joue de la batterie. C’est le « 8è groupe », ils sont sept sur scène je pense, des professeurs de musique et des personnes en situation de handicap.

Ce mélange des publics avec une majorité de personnes en situation de handicap mais aussi des personnes valides, ça favorise les rencontres et cela permet de découvrir les réalités des uns et des autres.

Bruno : Tout à fait. La peur de la différence c’est dans la nature humaine et c’est vrai que quand on se rend à l’Unisound, on voit le partage, les rencontres, il y a un petit côté émouvant et à notre petite échelle, on casse les barrières et on prône le vivre ensemble. On essaye de partager la culture qui doit être quelque chose d’accessible à tous.

[…] Le Festival à lieu au PAM Expo à Court-Saint-Etienne qui est propice à cet événement. C’est couvert avec du revêtement plat, en béton à l’intérieur. Pour le prix d’entrée, c’était une volonté de notre part de rester avec des très petits prix pour ne pas exclure qui que ce soit sur une raison financière.

Tout est dans les détails, je pense notamment aux pics nics qui sont acceptés sur le site. C’est tout bête mais avec certaines maladies on doit parfois se nourrir de manière régulière pour ne pas se retrouver mal et si on doit acheter sur le site, ça peut vite chiffrer alors que c’est crucial pour certaines personnes d’avoir sa nourriture, de l’eau à disposition…

Bruno : Oui, d’un point de vue organisationnel, un organisateur pourrait se dire « Je fais venir autant de FoodTrucks, de baraques à frites et il faut que j’en vende ». Ici, ce n’est pas du tout l’état d’esprit car cela ne s’adapte pas aux personnes qui viennent à notre festival.

Que souhaites-tu rajouter en cette fin d’interview ?

Bruno : Repoussez l’instinct premier qui est « Ce n’est peut-être pas pour moi, je ne vais pas y aller ». je pense sincèrement que cette peur de la différence ou le fait de freiner vient beaucoup plus de la personne valide. Je voudrais dire à toutes ces personnes valides de venir voir à quel point ça peut être enrichissant humainement de participer à un événement comme le notre.

unisound line up
(c) Unisound BW Festival

L’Unisound Festival aura lieu les 30 juin et 1er juillet prochain. Chaque année, le festival est également à la recherche de bénévoles pour mener à bien l’événement. Pour retrouvez les informations et notamment les groupes à l’affiche, rendez-vous sur le site internet de l’Unisound Festival. On y retrouvera notamment Théo Renier, le gagnant de cette saison de The Voice, Va à la Plage, Pale Grey ou encore Jacle Bow.

L’entièreté de cette interview est à retrouver via le lien du podcast de l’émission du 1er juin dernier.

Justine

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