Focus sur l’accessibilité des musées de la Ville de Liège

La saison passée, dans l’émission, nous avons décidé de vous parler de l’accessibilité des musées de la ville de Liège. Pour ce faire, nous avons rencontré Edith Schurgers du Service Animations des Musées de la Ville de Liège.

Présentation du service

« Ce service est né en 2009 avec le Grand Curtius. L’idée c’est d’avoir un service qui met en place de la médiation à destination de tous les publics, le public scolaire, le public familial, le visiteur lambda mais aussi les publics qui ont des fragilités qu’elles soient auditives, visuelles, sociales ou intellectuelles. Notre mission est de développer des médiations adaptées à tout le monde  pour que l’accessibilité à la culture et principalement aux collections des musées puisse se faire pour tous ».

« Ce service est transversal donc il est actif dans les 5 musées communaux, le Grand Curtius, la Boverie, le Musée d’Ansembourg, le Musée du Luminaire et le Musée Grétry et on essaie de mettre en place cette même politique d’animation dans l’ensemble des musées de la ville de Liège pour faire en sorte que le public soit de plus en plus nombreux ».

Focus sur l’accessibilité des musées liégeois

« Le Grand Curtius et la Boverie sont presque entièrement accessibles et lors de la rénovation des bâtiments, qui étaient classés, il y a eu un soin tout particulier apporté justement à l’accessibilité. Des rampes et des accès PMR par ascenseur ont été mis en place, on a fait très attention aux rampes des escaliers pour qu’elles soient continues, la visibilité des dénivelés, la signalétique dans le musée, … tout cela a été pensé pour pouvoir favoriser l’accessibilité physique. D’autre part, la Boverie, comme le Grand Curtius ont fait l’objet d’audits par des associations expertes en matière d’accessibilité en vue d’obtenir le Label Access-i qui est un label d’accessibilité touristique des musées et autres sites ».

« A priori, la sensibilisation n’est pas tout à fait de notre ressort mais on collabore avec d’autres services de la ville de Liège et notamment Accessplus dont c’est la mission première et d’autre part, on s’oriente quand même tout doucement vers une sensibilisation, notamment des jeunes publics au handicap et à l’accessibilité. On a notamment un projet avec le conseil communal des enfants qui serait de faire des visites en chaise roulante, avec un bandeau ou avec un casque pour comprendre les difficultés d’accès aux collections lorsque l’on a un handicap ».

« Concernant les personnes mal ou non-voyantes, on avait déjà commencé, en 2009, à essayer de leur rendre accessibles les collections du Grand Curtius par des visites qui visaient essentiellement des actes tactiles dans les collections mais aussi en complément à l’atelier pédagogique. Avec l’ouverture de la Boverie, ça a été l’occasion de repenser autrement ces visites, ces actions de médiations et l’idée était qu’elles soient plus intégrées dans l’espace muséal mais aussi qu’elles visent une autonomie supplémentaire. Dès lors, comme on était déjà en contact avec La Lumière, on leur a proposé une collaboration plus étroite pour construire et penser ensemble un nouvel outil. On est parti sur une sélection de quinze œuvres majeures de la collection permanente des Beaux-Arts exposées à la Boverie qui sont les mêmes œuvres que celles que nous avons choisies pour la tablette numérique pour le visiteur lambda et à partir de ces 15 œuvres nous avons réalisé des thermo-gonflés, donc des interprétations en 2D et demi des œuvres ainsi qu’en complément des interprétations texturées qui sont actuellement utilisées lors des visites de groupes et qui sont combinées à une audio-description de l’œuvre. L’objectif supplémentaire que l’on poursuit encore, c’est d’intégrer ces interprétations 2D et demi dans la scénographie de la collection permanente pour que la personne mal-voyante et son accompagnant(e) puisse découvrir les œuvres en autonomie, hors d’une visite groupe, presque de manière individuelle. On y travaille encore, on cherche le bon prestataire pour la fabrication de ces supports parce qu’il faut qu’ils soient pérennes et intégrés de manière harmonieuse dans la scénographie du musée[…] ».

« Pour les personnes avec une déficience auditive, il y a des boucles à induction à l’accueil du musée mais l’accès à l’information de fond autour des œuvres c’était un peu plus compliqué. On proposait, jusqu’à présent, au Grand Curtius et dans les autres musées, des visites guidées que l’on offrait aux groupes pour qu’ils puissent avoir le budget pour un(e) interprète mais on s’est dit qu’il fallait aller plus loin dans la démarche et on a choisi de travailler sur des vidéos qui sont intégrées dans l’application CloudGuide, qu’on peut télécharger sur sa tablette numérique et ces vidéos sont en Langue des Signes Belge Francophone ou en Langue des Signes Internationale. Elles sont signées par des personnes qui sont mal-entendantes et qui ont une formation à l’Histoire de l’Art et les films ont été tournés, montés, réalisés par une l’asbl Musk qui est gérée par deux personnes mal-entendantes. Donc c’était important pour nous que les personnes qui étaient à la source du projet soient les personnes concernées directement par l’outil à développer car ce sont elles qui comprennent le mieux les besoins de la personne en termes d’accessibilité culturelle ».

« Pour les personnes avec une déficience intellectuelle, on avait à l’époque construit une visite pour personnes déficientes intellectuelles avec l’asbl Inclusion. c’était au Grand Curtius, dans le département d’Archéologie. Sur base de cette expérience, on avait reçu plusieurs associations et notamment le Mouvement Personne d’Abord, qui est très impliqué dans la vie citoyenne de base et qui et qui nous avait vraiment fait part de son intérêt pour le projet. Dès lors, avec l’ouverture de la Boverie, on leur a proposé de collaborer à la création d’une visite pour les personnes déficientes intellectuelles. On a donc sélectionné, avec un groupe de personnes, des œuvres. On a travaillé à comprendre pourquoi ces œuvres plus que d’autres pouvaient retenir l’intérêt. Et on a choisi avec ces personnes également, les objets qui allaient dans le sens d’une compréhension de l’œuvre ».

N’hésitez pas à vous renseigner auprès des musées concernés pour connaître leur accessibilité. Vous pouvez réécouter l’entièreté de l’interview d’Edith Schurgers via ce podcast.

Justine

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