Courez pour l’inclusion, à Liège, le 3/12!

jogging inclusif 3-12Cette année, le collectif 3/12 organise le 3 décembre, un jogging inclusif. Pour nous en parler, nous avions reçu en studio Vanessa Chapelle, membre active au Mouvement Personne D’abord, Gwendoline Demayer, Personne Ressource au Mouvement Personne D’abord et Florence Bianchi, Animatrice socio-culturelle à l’ASPH (Association Socialiste de la Personne Handicapée) de Liège. Le Mouvement Personne D’abord et l’ASPH coordonnent le collectif 3/12.

Florence : L’ASPH est une association du secteur associatif de Solidaris, Elle défend les droits des personnes en situation de handicap. On propose des activités pour adultes avec ou sans handicap.

Vanessa : Le Mouvement Personne D’abord est une association de personnes qui présentent une déficience intellectuelle et des problèmes d’intégration sociale. On fait de l’auto-détermination et de l’auto-représentation car on parle en notre propre nom, ce n’est pas quelqu’un qui va aller parler à la place de la personne. Dans l’association, on partage des moments d’information et on fait de la défense des droits. Je suis dans le conseil de gouvernance où on décide des actions que l’on va faire car nous sommes les patrons de l’association. Ce sont donc les personnes avec une déficience intellectuelle qui décident. Si on veut faire une action politique, on va aller, nous, chez les politiques pour dénoncer la discrimination.

Gwendoline : C’est en effet les membres de notre association qui prennent part aux décisions de l’association donc ils sont vraiment au courant de tout, l’aspect financier, les projets à mettre en place, les demandes faites à l’association, … La défense du droit des personnes passe par des réunions hebdomadaires, il s’agit de groupes de parole où les personnes nous disent comment ça va, quels sont les problèmes rencontrés, etc. Ensuite, toute une partie de la réunion est réservée à l’agenda, on s’organise entre nous pour faire des sensibilisations dans les écoles ou alors on va manifester ou interpeller les politiques. Il y a également des ateliers mis en place.

Vanessa : Il y a « à nos marmites », « jardin solidaire », un atelier artistique et aussi lire et écrire, et calculer. Mais on travaille sur d’autres points très importants comme les droits, l’autonomie, le logement, le travail, l’emploi, la parentalité, la pauvreté, le mariage…

Gwendoline : La vie amoureuse et sexuelle, vraiment il n’y a pas de tabou à l’association. On parle de tout.

Si le placement en institution semble le choix de nombreux pays, il est important de permettre à ces personnes d’avoir une vie autonome avec les adaptations nécessaires.

Vanessa : Cela doit être pour toutes les personnes en difficulté ou en situation de handicap, pas handicapé ni mentaux, on dit « déficience intellectuelle » ou « situation de handicap ».

C’est important d’utiliser les bons mots ?

Gwendoline : Tout à fait, parce que pour certains, cela peut vraiment heurter d’entendre le mot « handicapé », c’est vraiment réducteur.

Vanessa : Cela met une étiquette à la Personne.

Il y a aussi la question du handicap invisible et des stéréotypes des personnes à propos des handicaps.

Vanessa : Ils croient que ça ne se voit pas mais on l’entend. Ça dépend des personnes, tu peux avoir une déficience intellectuelle et avoir une autre maladie. Il faut connaître la personne pour voir la déficience, si tu ne parles pas avec ça ne se voit pas. Quand je parle, je sais parler mais j’ai plein de soucis, comme tout le monde.

Du côté de l’ASPH, quelles sont les activités que vous mettez en place ?

Florence : Principalement des actions d’éducation permanente, c’est à dire des actions qui rendent la personne actrice des activités, du projet. On a un groupe de projet sur l’autisme, un qui se lance sur la parentalité et le handicap. Principalement, ça répond à une demande d’une personne en situation de handicap, ou pas, qui a envie d’agir sur le thème du handicap et donc on les soutien et on les aide dans leurs actions. On soutien également nos bénévoles locaux, on a plusieurs comités sur la province de Liège et on leur apporte un soutien quotidien dans leurs activités et on propose des sensibilisations.

Pouvez-vous nous présenter ce collectif 3/12 ?

Vanessa : Il est composé de quinze associations liégeoises actives dans le secteur du handicap. Le 3/12, c’est une journée internationale pour les personnes en situation de handicap. Ces personnes se rassemblent pour décider quoi faire à cette date car c’est une journée importante.

Florence : Chaque année, on se réunit à Liège pour organiser quelque chose le 3/12 qui est donc la Journée Internationale des Personnes Handicapées et le Collectif est soutenu par l’Échevinat Vie Sociale et le Service AccessPlus de la ville de Liège.

Vanessa : Nous avons décidé, cette année, de faire un jogging pour être inclus dans la société. Ça se passe au Parc Blonden.

Gwendoline : C’est à côté de la nouvelle passerelle et ça va fonctionner sous forme de relais parce qu’il va falloir courir ou marcher 3 heures. On le fait seul, à 3 ou à 6.

Quelles sont les associations qui composent ce collectif 3/12 ?

Vanessa : Le Mouvement Personne d’abord, l’ASPH, Altéo, Sail, Embarquement immédiat, le TAH, l’Épée, Surdimobil, Sur’cité, Entrevues, Creahm, La Lumière, Les Chanterelles, Unia, L’Ancre Bleue et Impro-Jeux.

Que peut-on rajouter pour clôturer cette interview ?

Florence : Cet événement est important car le parcours est pensé pour toute personne à besoin spécifique. Il est plat, court, on peut le faire en courant ou en marchant, il y a des relais organisés et je pense que ça pourra également permettre aux personnes qui ne sont pas en situation de handicap de se rendre compte de tout ce qu’il faut mettre en place pour une société adaptée et c’est ce message d’inclusion qu’on veut faire passer. J’espère que ça réunira du monde et qu’enfin la société va se rendre compte qu’il y a encore des choses à faire pour que tout soit adapté et que les personnes arrêtent enfin de s’adapter à la société, que ce soit l’inverse.

Vanessa : J’espère que la société va venir nous soutenir ou courir le 3/12 pour être citoyen à part entière et que tout le monde se mélange pour que cette journée soit inoubliable.

Gwendoline : Que ce soit vraiment un jogging inclusif, avec tout le monde, c’est important.

Vanessa : Je souhaite que des personnes avec une déficience intellectuelle ou des problèmes d’intégration sociale viennent au Mouvement Personne D’abord parce que si vous voulez défendre vos droits, c’est au Mouvement, pour avoir un choix et l’autonomie.

Les inscriptions (obligatoires – il ne reste plus qu’une centaine de places sur 400 inscriptions possibles) au jogging se font via ce lien. Vous retrouverez toutes les informations sur l’événement facebook de ce jogging inclusif. Vous pouvez également retrouver l’interview complète de Vanessa, Gwendoline et Florence en podcast via ce lien.

Justine

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