Retour sur les Jeux Paralympiques d’Hiver avec Eléonor et Chloé Sana et leur maman

Retour Jeux 5
Eléonor et Chloé Sana (c) Justine Pecquet

La semaine passée, la délégation belge est rentrée des Jeux Paralympiques d’Hiver de PyeongChang, avec dans ses valises, la très belle médaille de Bronze d’Eléonor et Chloé Sana. Pour Cap ou pas Cap, j’ai couvert cette conférence de presse durant laquelle Eléonor et Chloé sont revenues sur cette médaille.

Eléonor : « Je ne me rends toujours pas compte de ce que ça veut dire, c’est toujours un peu fictif. On a remporté une médaille et c’est tout mais ça a l’air de rendre beaucoup de gens heureux donc tant mieux. » Quand il lui a été demandé le moment qu’elle n’oublierait plus jamais, elle est naturellement revenue sur cette première descente. « Quand moi j’ai passé la ligne et que Chloé ma dit, alors que je n’étais pas encore arrêtée « On est troisièmes, on est troisièmes, on est troisièmes ». Moi, je ne savais pas m’arrêter et elle était à l’arrêt et criait partout, c’était chouette. »

De son côté, Chloé est revenue sur trois souvenirs marquants de ces Jeux : « Le premier, c’est la médaille mais pas que la médaille, tout ce qui a été autour. Quand on est arrivées en bas, on était troisièmes mais il y avait encore le stress des suivantes qui allaient arriver. On a fini par être vraiment troisièmes et après c’est contrôle anti-dopage puis on a eu droit à une voiture pour les médaillés avec un petit tour, un petit cœur sur notre accréditation… La remise des médaille, c’est super impressionnant de voir toutes ces personnes qui sont là pour nous parce qu’on avait jamais vécu ça. Une deuxième chose, c’est l’ambiance qu’il y a eu tout au long de ces Jeux, avec le Staff mais aussi avec les autres athlètes avec lesquel.le.s on a pu échanger des pin’s. On a pu rencontrer des athlètes qu’on avait jamais vu.e.s puisqu’il y avait d’autres disciplines, et donc connaître de nouvelles personnes et comprendre leur sport, leur handicap. La troisième chose, c’est les médias, l’engouement que notre succès a eu. On ne s’attendait vraiment pas à ça, ça nous touche et ça rend les choses encore plus fortes. » Chloé est également revenue sur ces quatre années : « C’était vraiment une expérience magnifique, on s’est beaucoup rapprochées, Eléonor et moi, ce qui a fait que tout s’est très bien passé et que grâce à notre symbiose, on va dire, on a pu y arriver et je la remercie de m’avoir permis de vivre cette expérience. »

Après la conférence de presse, j’ai rencontré les deux sœurs pour revenir plus en détails sur cette expérience et cette première course. Eléonor : « Ça a été « On donne tout ce qu’on peut, on fait la course de notre vie et on y va. Si on arrive à l’arrivée, qu’on va trop vite et qu’on se pète la gueule, ben tant pis, on sera arrivées en bas et on aura donné notre maximum » et c’est ce qu’on a fait. Mais on a donné notre maximum à chaque course, je tiens à préciser ! On n’est jamais parties défaitistes ».

Tu le disais Chloé, tu es devant, donc tu es la première à arriver et à découvrir le résultat.

Chloé : « Oui, j’arrive en bas, il y a un écran et je vois qu’il y a un petit trois à côté de notre nom. Donc, je lui dis mais en même temps, je ne suis pas vraiment sûre car je ne savais pas du tout si c’était ça ou si ça voulait dire autre chose. Et puis, on a vu Jonathan qui nous a félicitées donc on réalise un peu mais on ne pouvait pas tout de suite être sûres puisqu’il y avait encore quelques filles derrière nous qui pouvait prendre notre place. »

Ce qui peut être compliqué, c’est que cette médaille arrive dès la première course et qu’il faut rester concentrées pour les suivantes.

Chloé : « On s’est surtout coupées du monde pour la Descente (NDLR : le lendemain), car c’était vraiment l’épreuve qu’on attendait et la plus dangereuse, où il faut vraiment être concentrées. Le lendemain, on avait déjà Super G mais en même temps, on avait envie de voir ce qui s’était dit et fait sur les réseaux sociaux. »

Eléonor : « La pression était retombée car on avait fait notre objectif donc on a vraiment pu souffler. Du coup, on était peut-être un peu moins concentrées c’est sûr, mais on a quand même donné notre maximum. Je pense qu’on n’a vraiment rien à regretter dans ces Jeux »

L’inspiration que cette médaille va pouvoir susciter, vous y pensez ?

Eléonor : « Oui c’est sûr, on se dit que ça va permettre à des jeunes, qui ont un handicap ou pas, de ce dire que tout est permis, il n’y a pas d’interdit, de non, de stop, c’est possible !

L’aventure, telle qu’elle est, s’arrête pour les deux sœurs puisque Chloé range les skis pour se concentrer sur ses études. Retour sur ces quatre années intenses.

Chloé : « On regarde ce qu’on a fait, on repense à tout ce qu’on a vécu, toutes les belles choses mais aussi toutes les chutes, les engueulades avec les coaches, les préparateurs physique, tout ce qu’on a dû mettre de côté, … Là on se dit que c’était quand même quelque chose d’extraordinaire, je suis quand même contente que ça s’arrête mais je suis vraiment contente de l’avoir fait ».

L’image, l’émotion, la sensation à retenir de ces Jeux ?

Chloé : « L’arrivée de la descente, quand je lui ai dit qu’on était troisième, on n’y croyait pas réellement mais c’était ça ! »

Une belle aventure partagée également, notamment, avec leur maman, Patricia Kerres, que j’avais déjà rencontrée avant le départ. Elle revient elle aussi sur ces Jeux 2018:

« Première course et la médaille était là et donc ça leur a permis de vivre les courses plus difficiles, car plus techniques avec un soulagement. Elles avaient remplis leur contrat et tout le reste n’était que plaisir en plus. […] C’était fabuleux, ça nous a tous transportés. »

« Le jour même, je me suis dit « Wouaw, elles ont une médaille » et au fil des jours, je me suis rendue compte que ce n’était pas uniquement elles qui avaient une médaille mais que c’était la Belgique. […] Je ne réalise pas encore entièrement mais un petit peu plus qu’elles. »

« Moi, je sais qu’elles sont souriantes mais je les ai vues sur ce podium, rayonnantes comme jamais je ne les ai vues. Ce sourire là, c’est unique. […] Avec leur sourire et leur naturel, comme elles le sont toujours, elles ont fait du bien eux gens et je suis fière d’elles. »

Et concernant l’après …

Patricia Kerres : « Je pense qu’on doit d’abord tous se poser. Personnellement, je trouve qu’on y prend vraiment goût donc on va voir ce qu’on peut construire maintenant et c’est vrai que la démarche importante sera celle d’Eléonor par rapport à cette construction d’une confiance avec quelqu’un d’autre, qu’on espère qu’elle parviendra à trouver. »

Retrouvez ces interviews complète en audio via ce lien.

Justine

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