L’édition 2018 de l’Unisound, festival 100 % adapté, démarre ce jeudi!

21231831_1651907321510329_7223897133970871936_nCe mois-ci dans l’émission, nous avons interviewé Simon Bouchonville, Président de l’association organisatrice de l’Unisound Festival. Avec lui nous sommes revenus sur la création du festival mais aussi sur l’affiche de cette nouvelle édition.

Simon : Nous, à la base, on est parti d’un constat quand on fréquentait les festivals étant plus jeunes. On remarquait qu’il y avait peu de personnes handicapées malgré les podiums, les efforts faits, … On s’est renseignés auprès de directeurs d’institutions dans le Brabant Wallon et ils nous ont dit qu’il y avait beaucoup de choses qui les retenaient : les mouvements de foule, les gens qui boivent trop, l’inquiétude concernant les réactions face aux handicaps, l’accessibilité, toutes ces choses faisaient qu’ils ne proposaient pas souvent cette activité aux résidents. On a donc discuté de faire un festival dédié à l’accessibilité en étant sûrs d’aller au bout des choses et de faire attention à chaque type de handicap. En rencontrant ces directeurs, ils nous ont dit que ça existait déjà en Flandre où en effet, ils ont plusieurs festivals réservés aux personnes handicapées et qui fonctionnent vraiment bien. On a donc décidé de faire de même en Wallonie, où cela n’existait pas et maintenant on en est à notre cinquième édition et cela fonctionne bien.

Comment avez-vous mis en place le festival ?

Simon : On a choisi un lieu qui nous semblait déjà très accessible, c’est le Parc à Mitrailles à Court-Saint-Etienne qui est à plat, sans aucune marche et c’est couvert. Après, on a travaillé avec l’asbl Plain-Pied pour avoir le label Access-i. On voulait que le label soit au vert partout (voire notre article sur Access-i) et pour avoir ce label, on a donc travaillé avec Plain-Pied qui nous a mis un auditeur en accessibilité et c’est avec eux qu’on a mis pas mal de choses en place.

Quelle est l’équipe autour de ce festival ?

Simon : Elle change un peu chaque année car quand on a commencé, on avait 25 ans environ et puis nos chemins de vie changent, il y en a qui font des enfants, qui partent travailler à l’étranger,… À la base, on était cinq et maintenant, on est huit avec une équipe qui a changé à peu près chaque année. On a tous entre 25 et 35 ans et on vient tous d’origines différentes.

L’année passée, vous êtes passés d’un jour à deux. Cette année vous reprenez la même formule mais vous remplacez le samedi par le jeudi.

Simon : Tout à fait. Les trois premières années, c’était un peu frustrant car il y a la préparation toute l’année, puis la préparation toute la semaine avant mais le jour-même, vers 20 heures, c’était déjà fini. On s’est donc dit que d’autres festivals le faisaient sur deux jours alors pourquoi pas nous et en ouvrant le samedi, ça nous permettrait de toucher peut-être plus les familles qui ont une personne handicapée à domicile ou qui veulent faire une activité adaptée avec un de leurs proches. Ça a bien fonctionné, il y a eu moins de monde le samedi mais c’est peut-être un concept qui met plus de temps à se lancer. On s’est reposé la question cette année et là, on a décidé de jouer à fond la carte des personnes en situation de handicap et de ne plus vraiment proposer une journée aux familles partant du principe qu’il y a beaucoup de journées qui sont proposées aux familles dans toutes sortes de festivals ou d’activités le week-end. Nous, on voyait bien que la forte demande était en journée en semaine, on a donc décidé de cibler vraiment les personnes qui vivent en centre ou en institution et qui font des sorties organisées. Cette année, on tente donc le jeudi et le vendredi.

Quelle est l’affiche de cette édition 2018 ?

Simon : La programmation, on la doit à Bruno (que nous avions interviewé l’an passé). On est une petite asbl, tous bénévoles avec peu de moyens et l’idée est donc de proposer une affiche qualitative, avec des groupes belges dont certains sont déjà connus et d’autres le sont par après. L’idée est d’avoir une musique qui bouge, un peu active et belge. Le jeudi 28 juin, on a High Jinks Delegation à 11h, Atome à 13h30, Juicy à 15h30 et Krakin’ Kellys à 17h30 et le vendredi 29 juin, on aura Behind the Pines à 11h, Piano Club à 13h30, Super Ska à 16h et Lou B à 18h30.

Nous sommes en pleine Coupe du Monde et la Belgique joue pendant le festival, vous y avez certainement pensé ?

Simon : Tout à fait, tous les deux ans, on tombe soit pendant la Coupe d’Europe soit pendant la Coupe du Monde. c’est quelque chose qui rapproche et que les gens aiment bien voir donc nous, on est jamais contraire. Tous les deux ans, on a la possibilité de mettre un écran géant avec au moins un match et cette année, cela tombe super bien puisque ce sera le dernier match de poule de la Belgique face à l’Angleterre. C’est à 20h, l’heure à laquelle on ferme le site d’habitude mais là, on va le laisser ouvert et gratuit à partir de 18h pour tous ceux qui veulent venir voir le match.

On le disait, c’est un festival 100 % adapté, pensé pour les personnes en situation de handicap mais ouvert à tous ?

Simon : Oui, bien sûr. On ne réserve pas notre entrée aux personnes en situation de handicap, c’est vraiment un festival pour tous. Ce qu’il y a, c’est qu’on a vraiment beaucoup de choses à faire et donc on cible toute notre énergie et notre communication vers les personnes en situation de handicap. C’est une communication un peu particulière où on ne peut pas simplement utiliser Facebook et déposer des flyers. Mais nous, c’est vraiment pour ces personnes là qu’on a envie de se démener, pour leur proposer une chouette activité et chaque année, on a des gens qui nous disent que c’était leur premier festival.

Le paradoxe est que tous les festivals veulent s’étendre, s’agrandir là où vous, pour continuer à proposer un environnement « safe » vous devez rester limités ?

Simon : Nous, on peut accueillir 1500 personnes par jour. L’année passée, on était à 1300. Je pense qu’on pourrait mettre plus de monde mais pour que le site reste agréable, pour que les groupes puissent se déplacer facilement et qu’il n’y ait pas trop de pression, on va se limiter à 1500 personnes par jour. C’est vrai que tous les festivals s’étendent. Nous on s’est dit au début que l’idéal serait que dans cinq ans on n’existe plus car tous les festivals seront 100 % accessibles. Mais je pense qu’on répond quand même à un certain type de public qui ne pourra jamais vraiment se déplacer dans un festival, même adapté. Couleur Café, Werchter, les Francofolies, ça reste des grosses machines et je pense qu’être plongé là-dedans, en fonction du handicap que l’on a, parfois c’est vraiment compliqué. Tant mieux si l’Unisound peut continuer à vivre à l’infini. Nous, l’idée de base était vraiment de montrer à des personnes en situation de handicap que c’est possible, qu’il y a des choses qui sont faites et donc qu’ils viennent chez nous avant de tenter l’expérience dans un festival classique. On aime bien entendre ce genre d’histoires maintenant, si les gens sont bien chez nous et veulent toujours revenir chez nous, on sera là. Le site est sécurisé, on a environ 140 bénévoles par jours, tout le monde se balade en autonomie.

L’Unisound c’est donc les 28 et 29 juin prochain à Court-Saint-Etienne. Cette année, la nouveauté c’est un camping couvert totalement adapté bien entendu et organisé dans une salle de sport près du site. Le site ouvre à 10h et ferme à 20h avec exception faite du jeudi, jour de match. L’entrée en prévente est à 10€ par jour et 15€ pour les deux jours (15€ et 20€sur place). Toutes les informations sur le site du festival, un festival que je couvrirai puisque je serai sur place les deux jours. En attendant, vous pouvez réécouter cette interview en podcast via ce lien.

Justine

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